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Copyright Festival Aix

Si en amont de la construction des décors, le rôle de la Direction est primordial pour insuffler une dynamique d’éco-conception (voir article), ce sont bien les acteurs opérationnels qui tiennent les premiers rôles d’une telle démarche : en interne le Bureau d’Etudes, les ateliers, la logistique, les machinistes et en externe, les fournisseurs.

 

L’implication du Bureau d’Etudes :

C’est en phase de conception que se décident 80 % des impacts du décor. Le BE prend en compte tout le cycle de vie du décor à réaliser, et fait les choix de conception les moins impactants  avec cette vision d’ensemble.

Le BE doit donc mener une réflexion dès la réception de la maquette afin d’optimiser l’usage de la matière et la fin de vie du décor, mais également afin de concevoir pour réutiliser

Rédacteur du dossier de production, le Bureau d’Etudes pourra y intégrer toutes les informations concernant l’éco-conception du décor. Au Festival d’Aix, David Vinent-Garro, référent éco-conception au BE, a ainsi conçu deux outils qu’il a intégrés à certains dossiers de production:

  • un calculateur d’impact environnemental (eau, énergie, Co2) utile pour se fixer des objectifs
  • un calculateur de fin de vie proposant différents scenarii et calculant le coût selon que le décor jeté est partiellement ou complètement trié. Grâce à cela, un coproducteur amené à jeter un décor est à même de choisir le scénario le plus économe en toute connaissance de cause.

L’implication des ateliers

Les ateliers travaillent de pair avec le Bureau d’Etudes, notamment pour le choix et la validation de nouveaux matériaux et procédés. Leurs retours, bons ou mauvais, sur ces essais permettent de faire évoluer les pratiques, de sensibiliser les scénographes, et sont aussi à mutualiser auprès d’autres structures. Cela fait l’objet de la matériauthèque conçue par le Pôle Eco-Design, consultant du Festival d’Aix.

C’est donc aux ateliers que revient la mission de tester les matériaux en prenant en compte la santé des constructeurs, les besoins en ressources naturelles (eau, électricité) et le rendu attendu par le créateur.

Ils leur incombent aussi de sensibiliser les fournisseurs et en faire de vrais partenaires de l’éco-conception (voir plus bas).

Enfin, ils s’attacheront à concevoir de manière durable afin d’éviter des adaptations ou réparations qui nécessiteraient un retour aux ateliers entre 2 tournées.

 

L’implication de la Logistique

Elle joue aussi un rôle très important: plus une production tourne et plus le coût financier et les impacts environnementaux de la production grimpent, jusqu’à devenir plus important que la fabrication du décor elle-même.

La Logistique va pouvoir agir en optimisant le chargement des camions permettant d’en réduire le nombre, et en trouvant des lieux tampons entre 2 tournées pour éviter les retours aux entrepôts.

Par ailleurs, en anticipant - avec les coproducteurs- sur l’optimisation des trajets et sur l’adoption de container pour le transport et le stockage, la logistique peut engendrer de très importantes économies financières et environnementales.

 

L’implication des machinistes

Ils sont les « premiers usagers » du décor en tant que responsables des alternances, des montages / démontages, des chargements/déchargements et du démantèlement en fin de vie.

Il est ainsi aussi important de les former, que de recueillir leurs retours sur l’introduction de nouveaux procédés qui impacteront leur pratique professionnelle (poids, temps, confort…)

Le Bureau d'Etudes devra donc co-concevoir avec les machinistes les supports les plus adéquats pour rendre facilement lisibles les choix de montage, d’assemblage, de rangement et stockage, et de démantèlement en fin de vie (pictogrammes sur le décor, notes sur plan de montage, maquette de chargement , vidéo … )

 

L’implication des fournisseurs

Outre la possibilité de leur faire signer une charte d’engagement, comme c’est le cas au Festival d’Aix, informer les fournisseurs les incitera à proposer des matériaux alternatifs aux matériaux standards. Peut-être plus chers à l’achat, ces matériaux peuvent s’avérer plus économiques en fin de vie, ce qui a été prouvé avec l’outil d’aide à la décision financier* créé à cet effet.

De même, ce sont ces fournisseurs qui, connaissant leurs produits, sauront indiquer les meilleurs exutoires en fin de vie et pourront même récupérer les matériaux pour recyclage. C’est la raison pour laquelle il est indispensable, dès la commande, de contractualiser l’éventuelle récupération par le fournisseur. En 2012, le sol en miroir de la Finta Giardiniera a ainsi été récupéré par Saint-Gobain, le fabriquant, pour le seul coût du transport, soit trois fois moins que la mise en benne déchets DIB et avec la garantie d’un recyclage efficient.

 

La dernière partie prenante de l’éco-conception d’un décor, et non des moindre : le public. L’objectif de l’éco-conception est d’en acquérir son adhésion. Que ce soit pour Alcina en 2015 ou Cosi Fan Tutte en 2016, le public a été très surpris d’apprendre que ces deux décors, pourtant monumentaux et complexes au niveau des détails, comprenaient moins de 3% de polystyrène, matière pourtant incontournable jusqu’à ce jour (voir article).

 

*Les moyens d’inciter ces parties prenantes font l’objet de nombreuses fiches actions du Guide méthodologique du Festival d’Aix en cours de rédaction.

Le calculateur d’aide à la décision est quant à lui déjà opérationnel et peut-être partagé , mais demande toutefois des adaptations et formations. Il a en effet été conçu selon le cycle de vie des décors du Festival d’Aix, qui ne correspond pas à celui de Maisons d’Opéra ou de Théâtres ayant un fonctionnement différent.

 

Certains passages de cet article sont issus du Guide Méthodologique d’Eco-conception des Décors rédigé par le Pôle Eco Design.

 

Photo d'illustration : la construction du décor de Cosi Fan Tutte (2016)

Tag(s) : #Déchets, #Eco-conception, #Festival, #Décors

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